BACAO RHYTHM & STEEL BAND -"55"

Bon, voilà, bombe atomique des tropiques, pipeline de l'été (oui, bien plus gros qu'un tube), voici l'album de Bacao Rhythm & Steel Band, formation hambourgeoise de calypso-funk réunissant pas mal de membres des Mighty Mocambos. Allez donc voir sur wikipedia ce qu'est un steelpan, et écoutez ces reprises en version overgroove caribéen. Moi, je pars en vacances.
(disponible en cd et vinyle chez Big Crown Records / Differ-Ant)

POWERSOLO vz TUE TRACK -"The Unreal Zound"

Bon, sur la pochette de ce disque vous avez les ingrédients essentiels: les garageux fou-fous danois de Powersolo, le dj-producteur Tue Track (danois lui aussi), le titre "The Unreal Zound", une moulinette, et le slogan "the hippest hop rock record ever minded".
Tue Track a effectivement désossé "The Real Sound", le dernier album de Powersolo, concentré de rock'n'roll excentrico-électrique, pour le re-mijoter à la sauce hip-hop. A déguster saignant.

(disponible en vinyle chez Platinum Records / La Baleine)

KEVIN PETERSON, hyperréalisme un poil surréaliste.

Le nouvel album des Red Hot Chili Peppers vient de sortir, malheureusement ils n'ont toujours pas retrouvé la clef de leur stock de dynamite. Cela fait quinze ans que ça dure, et comme un vieux croûton je vais dire "c'était mieux avant". Par contre, l'illustration de la pochette de ce disque m'a laissé pantois.
Une scène qui semble tirée du "Livre de la Jungle Urbaine". En réalité une oeuvre intitulée "Coalition II". Une peinture hyperréaliste de l'artiste américain Kevin Peterson, extraite d'une série de toiles mettant en scènes des petites filles en goguette, accompagnées de sympathiques animaux sauvages, dans les rues d'une ville en friche... Le travail de ce virtuose du pinceau est réellement impressionnant, allez faire un tour sur son site, et prenez-en plein les mirettes.


THE MYSTERY LIGHTS -"The Mystery Lights"

Daptone Records a décidé de lancer son département "rock" avec le label Wick. Quand on connait le savoir-faire de la "maison de la soul" de Brooklyn, on se dit que c'est une excellente nouvelle, varier les plaisirs ne fera de mal à personne, bien au contraire.
Les premiers à passer à la casserole du mythique studio sont The Mystery Lights, de jeunes californiens installés à New York. Et la référence wck-001 de ce tout nouveau catalogue est simplement terrible. Dirty-fuzz-rock-garage, un peu dans le genre de Kaviar Special, dont je vous ai parlé il y a quelque temps.
Donc, un groupe et un label à suivre.
(disponible en cd et vinyle chez Wick / Differ-Ant)

BLKTOP PROJECT -"Concrete Jungle"

Pas la peine d'en faire des tonnes, ce disque n'a rien de fondamentalement extraordinaire, c'est juste un album très cool, instrumental, qui groove, et qu'on a envie d'écouter, et de réécouter... on ne parle pas de Radiohead, effectivement.
Petite particularité tout de même, le Blktop Project est composé quasiment exclusivement de skaters pro: Ray Barbee, Chuck Treece, Matt Rodriguez, et Tommy Guerrero. Les gars posent donc leurs planches à roulette de temps en temps, et dévorent quelques notes soul-jazz et latino-funk à la sauce californienne. Donc forcément c'est très cool.
(disponible en cd et vinyle chez Grand Palais / Modulor)

"Vernon Subutex"- VIRGINIE DESPENTES

Si vous cherchez des idées de lectures estivales, pour passer le temps intelligemment entre les poseurs enduits de crème solaire, ou sur les quais de gares en espérant le passage de votre train, j'ai ce qu'il vous faut. Huit-cent pages que vous dévorerez sans vous rendre compte que le mec de la météo s'est complètement planté sur le nombre de nuages qui essaient de vous faire regretter de ne pas avoir pris vos congés deux semaines plus tôt.
Sorti il y a peu en livre de poche, le dernier cocktail molotov littéraire de Virginie Despentes, "Vernon Subutex" (volumes 1 et 2), vous plongera dans un conte urbain, qui mêle rock, errances psychologiques, icônes contemporaines, un attachant héros-malgré-lui, du sexe, le Paris hors circuits touristiques, du couchsurfing à travers les classes sociales, de la drogue bien sûr, et quelques personnages détestables mais fascinants... Une chronique brute et clairvoyante de la société française actuelle, entre connerie humaine et quête du sens de la vie.
Voilà, ensuite vous aurez juste envie de lire la suite, un troisième tome est effectivement annoncé pour les mois à venir. Et si vous voulez retrouver les centaines de références musicales citées dans ce roman, allez jeter un oeil à l'excellent site vernon-subutex.fr, qui les a répertoriées.
(éditions Grasset / Le Livre de Poche)

ANTHONY JOSEPH -"Carribean Roots"

Bon, je vous ai déjà présenté tous ses albums (excepté peut-être son live), Anthony Joseph est un habitué de Myringa, encore tout récemment on pouvait l'entendre dans le nouveau Mop Mop, dont je vous ai aussi parlé. Du coup je risque de me répéter, alors pour ceux qui ont manqué les articles précédents; ou pour vous rafraîchir la mémoire, je vais juste poser quelques qualificatifs que j'ai utilisé par le passé, comme ça, dans le désordre: "jazz-funk vaudou", "digne héritier de Gil Scott-Heron", "avec une touche de groove des Caraïbes", "The Last Poets en vacances à Trinidad"...
(disponible en cd et vinyle chez Heavenly Sweetness - Strut Records / Differ-Ant)

DIRTY DEEP -"What's Flowin' In My Veins"


Alors l'été approche, vous commencez à rêver de plages, cocotiers et mojitos... Bon, on va commencer par aller faire une petite partie de pêche dans un bayou marécageux, avec quelques packs de Budweiser, et Dirty Deep.
One man band à l'origine, puis dynamic duo avec l'arrivée d'un batteur, il ne manquait plus qu'une basse pour obtenir le power trio, c'est fait pour ce nouvel album. Blues-garage-country-rock, dans l'esprit de Left Lane Cruiser, Seasick Steve ou Scott H Biram, les Alsaciens de Dirty Deep nous emmènent vers le sud. Pas la Côte d'Azur, non, plutôt le sud des Etats-Unis, en territoire redneck, où vous croiserez plus d'opossums que de caniches.
(disponible chez Beast Records / L'Autre Distribution)

"Space Oddities / Studio Ganaro - 1972-1982"

Le label Born Bad Records nous propose une fois de plus une séduisante compilation de morceaux insolites collectés lors de périlleuses missions d'explorations des territoires les plus reculés de la production discographique française.
Ce nouveau volume de "Space Oddities", exhume le travail de pionniers des musiques électroniques: Eddie Warner, Roger Roger, et Nino Nardini, du Studio Ganaro, dans les Yvelines. Des savants-musiciens qui produisaient ce que l'on nomme de la library music, des créations destinées à illustration sonore pour la télévision, la radio, ou des spectacles, par exemple. Les gars enregistraient au kilomètre, mais ils savaient s'amuser, et avaient souvent un coup d'avance. Capables de dompter les premiers synthétiseurs, ils maîtrisaient l'art de la rythmique atypique, avaient un faible pour le Moog, et pouvaient rendre funky un austère documentaire. Retour vers le retro-futur.
Un disque à découvrir dans une merveilleuse pochette au regard hypnotico-cosmique, réalisée par l'excellent studio de design graphique anglais La Boca.
(disponible en cd et vinyle chez Born Bad Records / L'Autre Distribution)

JOSEF BILEK -"Serendip"

La bestiole est hybride, ses couleurs sont habilement faussées, elle se déplace en évitant les réconfortants chemins balisés... Effectivement, ce disque virevolte librement du jazz au spoken-word, se pose régulièrement sur des thèmes abstract-hiphop, en alternant parties instrumentales et morceaux chantés/rapés (en français et en anglais). La fusion est totalement maîtrisée, et la diversité des intervenants (une bonne douzaine de musiciens et chanteurs), ou des styles, ne fait que renforcer l'identité de ce projet. La bestiole se nomme "Serendip".
(disponible chez Z Production / InOuïe Distribution)

BAESHI BANG -"Baeshi Bang"

Un projet un peu cheulou (comme disent les jeunes): un groupe instrumental parisien qui décide de rendre hommage à un chanteur coréen des sixties, que personne ne connait par chez nous, mis à part les amateurs hardcore de swinging k-pop, et les exotic-diggers les plus pointus, j'ai nommé Bae Ho.
Très étrange idée, mais résultat de qualité supérieure. Voici un superbe disque se baladant en toute tranquillité entre easy listening vintage, jazz de cocktail plutôt audacieux, douces nuances asiatiques, et même un petit groove aux notes éthiopiennes...
(disponible chez Buda Musique / Socadisc)

Le PHONO MUSEUM PARIS

"La grande aventure du son enregistré !", clame l'enseigne du Phono Museum. Nous sommes au coeur de Pigalle, et derrière la porte, une incroyable collection n'attend qu'une chose: vous en mettre plein la vue, et l'ouïe.
Des centaines d'objets, souvent beaux, certains étranges, familiers, ou pas, parfois improbables, ou franchement mystérieux, qui ont tous leur place dans l'histoire. 140 ans d'histoire sonore dans moins de 140 mètres carrés. Phonographes, cylindres, 78 tours, gramophones, tourne-disques, 45 tours, 33 tours, électrophones, jukeboxes, magnétophones... dont une bonne partie est en état de marche, et qu'on fera volontiers fonctionner sous vos yeux ébahis, pour vos oreilles ahuries.
Ce musée, ouvert en 2014, est géré par une association, l'accueil, les explications et démonstrations, sont assurés par des bénévoles, mais le projet reste fragile financièrement, donc n'hésitez pas à prendre votre ticket pour cette caverne d'Ali Baba.
Plus d'infos et d'images sur le site du Phono Museum.

(53 boulevard de Rochechouart, dans le 9ème arrondissement de Paris)

CAPSULA -"Santa Rosa"

Le nom de cet album, "Santa Rosa", est inspiré par une légendaire tempête qui frapperait les Andes chaque année aux alentours du 30 août... tout un programme. Bon, ici, pas de grêle brutale, de vents violents, ou d'abondantes chutes de neige. On prend plutôt de grosses rafales psychédéliques de garage rock, une bonne averse power-pop, et même un ou deux éclairs glam.
Et on apprécie ces intempéries venues d'Argentine. N'attendez pas la fin du mois d'août pour écouter ce disque... et rangez-moi ce k-way, vous risquez d'attraper chaud.
(disponible en cd et vinyle chez Vicious Circle / L'Autre Distribution)


MOP MOP -"Lunar Love"

Il y a trois ans, Mop Mop nous embarquait sur son "Isle Of Magic", et on se laissait volontiers marabouter... Aujourd'hui "Lunar Love" s'avère être également une imparable potion magique sonore.
Andrea Benini, batteur et chef d'orchestre italien, a une fois de plus réuni ses compères pour nous téléporter vers des contrées inconnues mais terriblement attirantes. Des univers où afro-jazz électrique, groove-poésie, global-trip-hop acoustique, dub oriental, et space-funk caribéen, se croisent dans une harmonie ensorcelante.
Laissez-vous faire, ça va vous plaire.
(disponible en cd et vinyle chez Agogo Records / Differ-Ant)