janvier

Myringa et ce petit poisson bleu vous souhaitent
une très bonne année deux-mille-dix-sept !

THE MOLOCHS -"America's Velvet Glory"

Non non, nous ne sommes pas en 1967, on a pourtant l'impression d'avoir fait un bon en arrière de cinquante ans à l'écoute de ce disque. The Molochs vivent bien dans l'Amérique de 2017 (qui elle, risque fort de le faire, ce bon cinquante ans en arrière, à cause de qui-vous-savez), et cet excellent album sort bien sur un label des temps modernes, mais un label qui affectionne particulièrement les sons rétros, Innovative Leisure (Nick Waterhouse, Hanni El Khatib, Wall Of Death...). Donc, ça vient de Los Angeles, ça sonne très garage sixties, parfois légèrement tendu comme du Velvet Underground, c'est bien roulé comme les premiers Stones, avec des morceaux popement efficaces... bref, si toutes ces références vous parlent vous ne devriez pas êtres déçus. 
(disponible en cd et vinyle chez Innovative Leisure / Modulor)

CHINESE MAN -"Shikantaza"

Il s'appelle "Shikantaza" il a été concocté entre l'Ardèche profonde, Bombay, et Marseille. Marseille bien sûr puisqu'il s'agit du nouveau Chinese Man. Le deuxième véritable album du groupe, si l'on ne compte pas leur série "Groove Sessions" ou l'album avec le prodigieux Tumi, mais ce serait dommage de négliger toutes ces pépites sorties depuis une dizaine d'années. Bref, un disque dans la lignée des productions finement ciselées qu'ils ont l'habitude de nous proposer, et même encore un niveau au-dessus. Du hip-hop zen, plein de vie et d'envies, qui puise sa richesse dans la diversité. 
(disponible en cd et vinyle chez Chinese Man Records / Differ-ant)

FLO MORRISSEY & MATTHEW E.WHITE -"Gentlewoman, Ruby Man"

Voilà une excellente reprise de l'excellent "Looking For You" de Nino Ferrer (ci-dessus), tirée d'un disque composé uniquement de covers. Dix au total, des versions psyché-pop pleines de soul, de morceaux de George Harrison, Roy Ayers, James Blake, Velvet Underground, ou même Charlotte Gainsbourg... Des interprétations lumineuses, soyeuses et chaleureuses, parfaites pour une soirée "canapé". Une femme et un homme, deux voix, celles de la chanteuse folk britannique Flo Morrissey et de l'américain Matthew E.White. De beaux duos dans l'esprit des productions du grand Lee Hazelwood.
(disponible en cd et vinyle chez Glassnote / Universal Music)

DROPKICK MURPHYS -"11 Short Stories Of Pain & Glory"

Véritable institution pour la ville de Boston (et bien au delà), les Dropkick Murphys sortent leur neuvième album, et un nouveau Dropkick Murphys ça fait toujours du bien par où ça passe. Pourtant la formule est toujours la même, un univers où s'agitent racines irlandaises, punk-rock, hockey sur glace, effluves de pub, tatouages de taulards, traditions prolétaires, cornemuses, fraternité, et bagarres de rue...
Voici donc onze histoires de losers magnifiques et de revanches éclatantes.
(disponible en cd et vinyle chez Born And Bred Records / Pias)

décembre


MYRiNGA top10 - 2016

S'il ne fallait en garder que dix, mais en fait je ne vous le conseille pas, bref pour insister sur les dix albums à côté desquels il ne fallait pas passer cette année (c'est totalement subjectif, et c'est le charme de ce genre de classements), voici le Top10 de MYRiNGA, en dix vidéos et environ quarante minutes de musique de qualité supérieure.

CHILDISH GAMBINO -"Awaken, My Love!"

Alors ces derniers temps, les informations venant d'outre-atlantique et concernant un "Donald" étaient plutôt affligeantes. Mais là, on tient un "Donald" vraiment cool, garanti sans moumoute blonde et 0% de stupidité (contrairement à l'autre), en la personne de Donald Glover. L'acteur-rapper est connu dans le milieu de la musique sous le pseudo de Childish Gambino. Et il vient de nous livrer un terrible album qu'on attendait pas. 

Funk-soul psychédélique, baignant dans du jus de Parliament-Funkadelic, saupoudré de D'Angelo et de Prince, avec de bonnes effluves de Sly Stone... De la sueur électrique donc, et quelques sonorités plus actuelles pour en faire un des disques balèzes de l'année 2016.
(disponible chez Glassnote / Universal Music)

Delta T, lire la musique

Du papier, un design graphique soigné et audacieux, des articles explorant le vaste monde de la musique, ses gens, ses lieux, ses sensations, ses objets... Des pages qui causent de musique, noircies par ceux qui la font, qui la font vivre, qui la vivent. C'est ce que nous propose Delta T, une belle revue trimestrielle lancée cet été et disponible dans les bonnes librairies.
Le numéro 3 vient de sortir, cette fois ci par exemple vous y lirez Jean Fauque, un article sur un coureur cycliste musicien, un peu de nostalgie ouest-africaine, l'histoire du fameux Vauban de Brest, de l'écriture garage-rock, et une balade américaine à la McMurtry.
(édition Anamosa)

CHRISTOPHE BRAULT -"Rock Garage"

Pourquoi ce livre ?
Alors il y avait ce titre: "Rock Garage - Fuzz, Farfisa & Distorsions", donc un sujet qui avait tout pour me plaire. Des Trashmen à Ty Segall, en passant par les Dirtbombs, les Kinks, Jon Spencer, les Sonics, et bien d'autres, ce rejeton sauvage et sale du rock'n'roll est décrypté en deux cent quarante pages.
Et puis cette maison d'édition, Le Mot Et Le Reste, qui est devenu une référence en matière d'ouvrages consacrés à l'univers de la musique.
Enfin le coup de grâce, le nom de l'auteur: Christophe Brault. Oui, bon ça ne vous parle peut-être pas vraiment, mais pour moi c'est quelqu'un. Effectivement il fait partie des gens auprès desquels j'ai appris le métier de disquaire, à Rennes Musique, il y a une quinzaine d'années. Animateur radio, conférencier, puits de science musicologique, ce monsieur est une sommité, point.
(éditions Le Mot Et Le Reste)

LA COKA NOSTRA -"To Thine Own Self Be True"

Alors ça va peut-être casser l'ambiance "jingle bells" qui commençait tout juste à s'installer, mais bon La Coka Nostra sort un nouvel album. Ok, c'est sombre, pas très boute-en-train, et même quelque peu vénèr, mais du hip-hop-bulldozer comme celui-ci, il faut l'avouer: ça se fait rare. Troisième album, troisième coup de maître pour Slaine, Ill Bill, Danny Boy, et toute leur clique.
(disponible en cd et vinyle chez Fat Beats Records / Differ-Ant)

novembre


BUTTERING TRIO -"Threesome"

Alors, cette petite balade droné sur les toits de Tel Aviv (voir la vidéo de "Unexperienced") vous a mis l'eau à la bouche... parfait. KerenDun, Rejoicer, et Beno Hendler, forment le Buttering Trio, et sont donc responsables de ce petit moment israélien de suavité (si si, "suavité" existe). Un nouvel album vient d'arriver, une bonne tartine de ce que les moins de 25 ans ne nomment plus trip-hop (ils ont plein d'autres termes pour ça). Groove élégant, vision globalisée et un peu peace & love (et tant mieux), jazz-funk de l'an 2020, dans un esprit proche des productions du label Stones Throw, on se régale, et avec du beurre c'est toujours meilleur.
(disponible en cd et vinyle chez Raw Tapes / La Baleine)

THE 1969 CLUB -"Ayahuasca"

Je n'aurais jamais imaginé présenter un jour un disque sur la pochette duquel on pouvait voir une Renault Fuego. Une Fuego, au clair de lune, sur une route du Nouveau-Mexique, ou peut-être de Bretagne. Ce n'est pas le viaduc de Morlaix au fond de ce paysage rouge et noir? Bon, en réalité le trio est bien originaire de ce coin, Saint Brieuc précisément. Et écouter leur musique en traversant le Nouveau-Mexique à bord d'une Fuego pourrait certainement se révéler être une des expériences les plus rock'n'roll de votre vie. Surtout après avoir consommé de l'ayahuasca, ce breuvage chamanique amazonien. Bref, au programme de ce premier album: rock lourd et puissant, un peu psyché-blues, un tantinet garage-hargneux, dans l'esprit de The Dead Weather ou Band Of Skulls, donc très bon.
(disponible chez Neon Citronade / Modulor)

VIC MOAN -"Skinny Man"

Bon, la semaine n'est pas propice à la rigolade (triste anniversaire des attentats de Paris, décès de Leonard Cohen, victoire du demeuré-milliardaire Trump...), donc voici un petit disque qui vous fera le plus grand bien. Du rock crooné-slammé un peu bizarroïde, une goutte de ska, une pincée de Talking Heads, un style pas si simple mais funky.
Le papi (soixante-dix balais paraît-il) s'appelle Vic Moan, musicien-poète américain vivant en France depuis les années 80, méconnu, il a pourtant déjà collaboré avec des gens comme Bumcello, Seb Martel, et même Les Rita Mitsouko. Ce nouvel album, "Skinny Man", est produit et arrangé par Fred Pallem, autant dire que le groove de qualité est 100% garanti.
(disponible en cd et vinyle chez Train Fantôme / L'Autre Distribution)